Berlin veut envoyer des AWACS en Afghanistan, Paris refuse

Un Boeing E-3 Sentry AWACS AFP PHOTO PIERRE VERDY

Un Boeing E-3 Sentry AWACS AFP PHOTO PIERRE VERDY

Berlin a décidé de faire le forcing pour contraindre la France à financer le déploiement de cinq avions AWACS de l’OTAN en Afghanistan, mais Paris fait de la résistance. Le désaccord est brutalement monté d’un cran vendredi 26 septembre, lorsque le ministère de la défense allemand a annoncé que la France refusait de financer ce déploiement. Rappelons que l’OTAN possède 17 avions E-3A Sentry AWACS achetés à Boeing du temps de la guerre froide, pour diriger les opérations et assurer le contrôle de l’espace aérien, en cas d’agression des forces du Pacte de Varsovie. Ces avions appartiennent collectivement à 16 des 26 pays membres de l’OTAN. Paris et Londres ne sont pas copropriétaires de ces appareils car l’armée de l’air et la Royal air force disposent de leurs propres flotte d’avions d’alerte.

Actuellement en Afghanistan, les troupes de l’OTAN disposent d’une supériorité aérienne totale, mais c’est apparemment le commandement local qui a demandé à disposer de ces avions, pour mieux assurer la circulation aérienne croissante, notamment du fait des drones. Paris n’est pas opposé par principe au déploiement mais conteste son urgence, ses modalités et surtout son coût qualifié d’ “exorbitant”. On considère dans la capitale française que le coût annuel du déploiement de ces AWACS serait compris entre 100 et 150 millions d’euros (soit plus du tiers du budget de l’ISAF), alors que SHAPE , l’état-major de l’OTAN, n’annonce que 82 millions d’euros. Ce budget ne comprend pas le coût des indispensables avions ravitailleurs, ni le prix des heures de vol de transit entre les bases du Golfe persique qui hébergeraient ces avions, et le théâtre afghan.

Les objections de Paris ne portent seulement sur l’aspect financier mais également sur les points suivants :

- La présence d’un AWACS n’améliorerait pas significativement la sécurité des vols.
- Ces avions n’apporterait aucune aide pour éviter les dommages collatéraux aux populations civiles en cas de bombardement, car l ‘AWACS n’a pas pour fonction de désigner des cibles au sol, et ne peut distinguer que des objets volants.
- L’urgence opérationnelle ne porte pas sur ces équipements, mais sur les hélicoptères et les drones.

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